Marcher vers ...

Suivre son instinct, répondre, sentir, faire un peu plus chaque jour, tendre vers, faire le plus petit pas possible… Il pleut, j’ai l’énergie à plat pis la planète est fuckée ! Je suis à 7 sur mon échelle de 1@10. Pour moi, c’est pas beaucoup 7 … Mais, j’ai réussi encore ce matin à débouler en bas du lit pour méditer 23 minutes. Oui, 23 minutes. J’ai augmenté de 3 minutes depuis que j’ai su que le cerveau a besoin de 23 minutes pour être «focusse». Mon objectif est d’augmenter encore un peu chaque semaine pour revenir à l’heure de méditation que j’avais instaurée, que j’étais capable de faire en sortant de Vipassana, en mai dernier. La routine (diantre que je déteste ce mot…), le rituel matinal (c’est mieux, ça me gratte moins le fond de la gorge quand je le dis), la constance, ça aide … mais ça s’entraîne aussi. Être sur la route et toujours mobile ça a son lot de défi surtout pour une personne «Vata» comme moi. Mon kit de survie (pour pas m’envoler) est plus gros que la moyenne! (Je vous ferai la liste en bas du blog.) Bref, j’ai marché. Oui, toute seule sans but, 30 minutes, aller-retour. C’est fou ce que ça m’a pris de courage pour m’habiller et me pousser dehors. Mon cerveau me ramenait toujours à autre chose, une autre action que je pourrais faire à la place, une autre raison à ne pas sortir dehors… alors, que je m’étais dit : « Go! j’y vais ! » Wow ! Ça me fascine le cerveau humain. On s’en dit dont ben des niaiseries pour pas atteindre nos objectifs et nos rêves ! J’ai été marché et j’ai eu un flash… “La Patagonie”. Ben oui, j’y suis allée et j’y suis revenue. J’ai jamais trop reparlé de ce voyage et j’ai compris pourquoi, aujourd’hui : 2 ans 1/2 plus tard.

Marcher en forêt c’est ressourçant, c’est vert, c’est calme… normalement. Ici, aujourd’hui au Vermont ça l’était. Bon à part le Monsieur weird habillé en fluo et full 1980 qui m’a demandé si l’adhérence de mes bottes était bonne sur la glace et de faire attention à moi, et le char qui a passé. J’ai quand même entendu le vent, les feuilles, le silence … presque. C’était savoureux. Mais pour revenir à mon flash, je me suis rappelée que la Patagonie, Tierra del Fuego, Torres del Paine, que ça avait été douloureux comme marche. Pas une petite marche nounoune là; six jours en autonomie complète dans une température humide, frette, grise, full vata. Mais bref, je me suis rappelé les kilomètres faits dans cette forêt calcinée par un grand feu il y a des années. On a marché des heures à travers ces troncs d’arbres noirs, totalement brûlés. C’était intense, c’était froid, c’était d’une lourdeur… mais surtout, c’était exactement comment je me sentais en-dedans. Totalement ça… froide, noire, brûlée. Chaque pas que j’ai fait pendant six jours, en silence, je me suis dit : «mais qu’est-ce que je fais ici pour l’amour ? » Ce fut, un calvaire intérieur. Je me suis poussée au bout du monde, c’était un rêve, c’était le point 91 de ma bucket list en fait et arrivée là, en-dedans ça à fait :”Ouin, pis ?” L’indiférance total. J’aurais pu être devant un trou d’eau à Magog et ça aurait fait pareil. Je me rappelle en avoir parlé un peu, à mes amies proches, à mon retour. Mais en voyant leur face de découragement, j’ai arrêté d’en parler. Je me suis isolée dans mon univers de forêt brûlée. C’était mon choix d’avoir poussée la machine aussi loin, au bout du monde, fallait que j’assume. Ben, oui c’était moi ça… avant. Là, ça m’a pris tout mon p’tit change pour sortir 30 minutes prendre une marche, sur le gros plat, sans but, toute seule, sans kit de survi (j’avais mon cell dans mes poche au cas, tsé un ours ou un lutin …) Juste pour le fun de prendre l’air et me connecter à moi. C’était vraiment trippant et je m’engage à le refaire bientôt. Je l’ai mis à mon agenda (ben, pas encore au moment ou j’écris … mais je vais le faire après…). De toute cette réflexion a découlé le désir de prendre du temps pour moi, pour vrai. Ça doit faire 20 ans que j’écris sur papier : “Ma journée idéale”. J’ai donc décidé de me créer un retraite urbaine, à la maison. Mais ça sera le sujet du prochain texte. Soyez courageux, sortez vos crampons, appelez une amie et allez marcher juste pour le fun. #365jours